crise2La crise silencieuse, celle dont on ne parle pas, c'est la dimension genrée de la crise. La crise provoquée par les politiques d'austérité menées par les gouvernements conservateurs de droite en Europe et qui affectent les femmes plus que les hommes. C'est la situation qui résulte des coupes dans les secteurs qui emploient en majorité des femmes et celles dans les dépenses publiques qui touchent les secteurs dont les femmes sont bénéficiaires.

Dans un article du New York Times, Katrin Bennhold explique la crise silencieuse: «Au vu des premières coupes , les économistes et les groupes féministes préviennent que ce seront les femmes qui supporteront le poids de l'austérité: en tant qu'employées du secteur public, en tant que retraitées qui vivent plus longtemps que les hommes et donc auront plus besoin de  soins de santé et de sécurité sociale, et en tant que mères, dont la décision de travailler dépend de garde d'enfants à un tarif abordable. "

Depuis 2008 la sonnette d'alarme a été tirée sans que cela ne suscite indignation publique ou prise en compte politique. Les gouvernements conservateurs sont restés totalement silencieux sur le sujet. 

Les politiques nous répètent souvent que nous sommes « face à un défi », « face à une opportunité » …..crise3 J'aurais aimé qu'il en fût de même en ce qui concerne la crise actuelle.Nous aurions pu sonner la fin d'un marché essentiellement dominé par les hommes, nous aurions pu tirer les conséquences du machisme dans le secteur financier, nous aurions pu en profiter pour reconsidérer la façon de faire cohabiter travail et vie privée. Cette crise est un réel défi, il nous faut reconsidérer notre organisation de la société.

 Ne pas le faire voudra dire que la crise silencieuse aura été une occasion manquée dans la conception d'un marché du travail équitable, durable et qui prenne en compte les femmes autant que les hommes.

Si nous poursuivons dans la même voie : nous sortirons de cette crise non pas avec plus, mais avec moins d'égalité. Les mesures d'austérité prises dans de nombreux pays européens sont des mesures inadéquates et à court-terme. Faire des coupes sombres dans les emplois et les financements dont les femmes sont bénéficiaires n'est pas intelligent, ce sont des mesurettes.

 Pour citer l'article de Mme Benhold:
«Vous devez penser aux coûts à long terme de l'austérité. Les politiques qui aident les femmes à concilier travail et vie de famille contribuent à la résilience économique des familles, stimulent l'économie, soutiennent la consommation et les recettes fiscales à terme. Les politiques qui ne le font pas,  risquent de faire le contraire. "

 La stratégie de la Commission Européenne pour 2020 est d'accroître l'emploi des femmes en Europe. Le silence de Viviane Reding, la voix de l'égalité entre les femmes et les hommes est assourdissant. On attend encore les nombreuses objections qu'elle aurait dû soulever en considérant les effets négatifs disproportionnés que les plans d'austérité auront pour les femmes en Europe.