Finalement il en va de la séduction comme de l'économie. Ce n'est pas une ligne plate, ni une courbe qui serait ascendante puis descendante, c'est un schéma en dents de scie.


mon_p_re_m_a_donn_Quand j'avais 10 ans et que je chantais à l'école "Je voudrais un mari, docile et bien gentil " ou "Mon père m'a donné un mari, mon dieu quel homme, quel petit homme", alors j'étais la princesse de la maison. Adulée par mon père que je faisais rire et avec qui je bricolais, allais à la pêche et découvrais la nature. Puis sont venus mes 20 ans, première chute de séduction, non pas que je fus moche et vilaine, mais c'est ainsi que je me voyais, alors je me conduisais comme telle, timide, maladroite, ayant peur d'aimer et fuyant si on osait m'aimer, voyant là une atteinte à ma liberté (!!!) . A 30 ans, vint un essai en vie de couple et la maternité, foin de séduction, 

wonderwoman

la priorité n'était pas là, d'autant que très vite je retrouvais une vie de solitaire amoureuse et de plénitude maternelle. 40 ans ouh là là ! Là je n'en dirai pas trop , nous sommes au sommet de la séduction, celle  dont on joue, celle qui devient amusement, passion, dont on sait qu'elle est là et qui devient une partie intégrante de soi. La séduction devient naturelle et un atout dans sa main. Après c'est étrange, on tombe dans
une zone d'invisibilité. La femme ménopausée devient non-séduisante, ignorée et juste maman/mamie mais de la femme il semble ne rien rester ..... et puis voilà 60 ans et un nouvel âge hyper bizarre, celui de l'interchangeabilité ! Nos compagnons d'âge ayant atteint la soixantaine crèvent de leur solitude, sont effrayés à l'approche de la dernière partie de leur vie, alors ils nous recherchent, nous font part de leur désarroi, nous font aussi savoir qu'ils ont besoin de nous, n'hésitant pas à réclamer des câlins dès qu'ils le jugent possible ! Seulement voilà, nous, de 50 à 60 ans nous avons été seules, nous avons appris à nous suffire, à nous aimer, à aimer notre propre compagnie, à nous entourer de copines, d'amies.

cinquantenaireNous n'avons plus besoin du regard de l'autre pour nous savoir belles. Alors nous ne nous précipitons pas et très vite nous nous rendons compte, que ce n'est pas "moi" qui les intéresse, mais "elle". Aujourd'hui Michèle, demain Léa, ou Jacqueline, peut être même Jocelyne (ça c'est moi !) ou Françoise, peu importe laquelle mais il en faut "une". C'est désarmant la première qui dit oui et hop on est parti pour la dernière partie de sa vie, de notre vie. Nous sommes devenues essentielles, nécessaires mais interchangeables ! Bon, j'en suis là, alors je découvre ......... quand j'aurai avancé dans cet âge là je vous raconterai .......
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