marche_salopesDepuis quelques temps, en Grande Bretagne des milliers de jeunes femmes  se revendiquant du féminisme descendent dans la rue habillées -ou plus exactement à demi habillées – comme des objets sexuels.

Ces manifestations ont commencé en réponse à un policier canadien, qui lors d'une conférence sur la sécurité publique, a suggéré que si les femmes ne voulaient pas être victimes d'agressions sexuelles alors elles ne devaient pas s'habiller comme des « salopes ».

S'en est suivi un tsunami de protestations parfois limites prétendant que cet officier avait rendu les femmes coupables de leur propre viol. Et depuis dans plusieurs pays anglo-saxons se propagent ces marches des salopes.

Cela me met très mal à l'aise, puisque les combats historiques des féministe servent ici de paravent pour des postures victimaires. Il y a une réelle contradiction. Ces jeunes femmes demandent à ne pas être jugées selon leur vêture, et dans le même temps elles demandent au public spectateur de prendre en compte leur habillement de salopes. L'absurdité est encore accrue par leur insistence à considérer que les vêtements - ou leur absence – n'aurait aucun effet sur les autres gens. En suivant cette logique, si une femme descend la rue nue, si ce n'est un string et des talons aiguilles, cela devrait être supposé n'avoir aucun effet .

Bien sûr, les femmes habillées de façon tout à fait conventionnelle peuvent aussi être victimes d'agressions sexuelles. Mais il est faux de dire qu'il n'y a pas de façon provoquante de s'habiller.

La façon de s'habiller, comme toute convention sociale, est porteuse de sens. Une vêture pudique ou marche_salopes3impudique nous dit une attitude différente par rapport à la sexualité.

Bien sûr, personne n'a pour but de devenir victime d'un viol en choisissant ses vêtements. Mais une fille qui se couvre à peine le derrière d'une micro jupe, qui expose un décolleté agressif envoie un signal : elle a envie qu'on la regarde, qu'on fantasme sur elle. Son corps devient alors une sorte de publicité pour sa sexualité. Elle montre que sa sexualité n'est pas du domaine du privé. Bien sûr elle a tout à fait le droit de désirer ces regards là.

Nier qu'il y ait une relation entre ce signalement sexuel et les réponses opportunistes des hommes est ridicule. Mais déclarer que cette relation évidente est que les femmes veulent être violées est une aberration, une injure à la réalité et au bon sens.

Bien sûr tout homme coupable de violence sexuelle doit être condamné pour sa propre conduite. Cependant, si vous traversez une autoroute et vous êtes renversé/e par une voiture, si vous laissez votre maison ouverte et que vous êtes cambriolé/e, personne ne dira que vous méritez d'ête tué/e ou cambriolé/e. Mais une personne sensée vous dira qu'il était imprudent de traverser l'autoroute, ou de laisser votre porte non verrouillée.

Il serait faux de dire que la conduite des femmes n'induit jamais ce qui peut leur arriver. Cela ferait d'elles des victimes permanentes et cela est anti-féministe. Etre une femme, être un être humain, c'est aussi accepter d'assumer la responsabilité de ses propres actes.

Et ces marches sont quelque part une trahison des féministes qui ont courageusement lutté pour obtenir une représentation politique, l'égalité dans l'éducation et le travail, une réelle participation à la vie citoyenne. Ces combats contre des discriminations réelles, tangibles sont dévoyés par les postures vaines, complaisantes et victimaires des Marches des Salopes.

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PART 2

 

Quelle volée de bois vert ! je savais mon post très discutable. je le trouvais réac. Je trouve que oui les femmes et les filles devraient avoir le droit de se vêtir comme elles le souhaitent sans que cela  les marche_salopes2pute_pridemette en position d'être sifflées, harcelées. Cependant, tant que notre monde sera ce qu'il est, la bêtise patriarcale entravera la liberté des femmes. Le porno soft, soi-disant chic qui montre de jeunes chanteuses dans des poses lascives et sexuelles est pour moi un danger et se réclamer de cette même vêture,  revendiquée de "salopes", ne peut pas être un message à envoyer aux adolescentes. Tant que le monde sera ce qu'il est, que les garçons n'apprendront pas qu'une fille n'est pas un objet à consommer, alors il faudra bien en tenir compte et expliquer à nos filles que leur façon de s'habiller envoie aussi un message, en plus de simplement être un vêtement.

Tant que le message envoyé aux garçons par la société est qu'il est légitime de payer une "salope" pour s'offrir des services sexuels, alors je ne participerai pas à des marches de "salopes" .

Si par contre est dénoncé le viol en tant que violence faite aux femmes, est condamné le comportement sexiste de certains hommes, est passible de justice l'exploitation sexuelle des êtres humains,  alors oui je serai là et très activement militante.

Simplement, je ne pense pas que revendiquer une hypersexualisation de la vêture féminine soit le bon combat, la bonne revendication. Je ne suis pas sûre que cela fasse avancer les droits des femmes, la liberté des femmes. Je ne suis pas sûre que ceal serve la cause des femmes. je ne suis pas sûre que cela fasse quoi que ce soit pour criminaliser le viol. Je ne suis pas sûre que cela fasse reculer le nombre de viols ici et partout.