776 Millions d'adultes dans le monde ne savent ni lire, ni écrire. Dans l'Afghanistan rural, à peu près 90 % desLiteracy_Week_Women_at_sc_001 femmes et 70 % des hommes sont illétré-e-s. La majorité des enseignants sont des hommes et la tradition interdit à beaucoup de  familles d'accepter que leurs femmes, leurs filles reçoivent un enseignement d'un enseignant de l'autre sexe.

Pendant la période des Talibans (1996 - 2001), il était interdit et passible de mort pour une femme d'apprendre à lire et à écrire. Les Talibans soutiennent que le Coran interdit aux femmes d'acquérir une éducation.

En dehors de l'Afrique, l'Afghanistan est un des pays les plus pauvres au monde. De nombreuses familles sont trop pauvres pour envoyer tous leurs enfants à l'école, et généralement ce sont les filles qu'on garde à la maison pour aider. La pauvreté conduit aussi à retirer les filles de l'école pour les marier. Les familles ont désespérement besoin de la dot payée par la famille de l'époux. 

Cependant les choses évoluent lentement, certains conseils de villages commencent à se féminiser et à accepter de prendre en charge la scolarité de quelques filles qui à leur tour enseignent aux  femmes plus âgées.  Mais cela reste encore trés inhabituel dans un pays où les conseils de village sont essentiellement masculins et dominés par les aînés ou les familles puissantes locales.

Literacy_Week_Women_at_sc_006La plupart des femmes de ce shura (conseil de village) ne savent ni lire, ni écrire et apposent leur pouce pour signer. Mais les cours d'alphabétisation pour adultes qu'elles ont encouragés assureront que les générations futures seront mieux armées pour se prendre en charge. 

Les jeunes filles apprennent à lire et écrire dans des écoles improvisées. Mais savoir lire les notices des médicaments, ou pouvoir lire un panneau de signalisation feront une grande différence pour elles et la vie de  leurs familles. Comme le dit un villageois analphabète : " être analphabète ou aveugle,cela ne fait pas grande différence!". 

Aujourd'hui encore il y a de nombreuses barrières en ce qui concerne l'éducation des filles : opposition sociale profondément ancrée, manque d'institutions éducatives et pauvreté extrême. Il faut avant tout défier les stéréotypes, aider les familles à échapper à la pauvreté et donner aux filles, aux femmes une chance d'avoir une éducation et de meilleures chances dans la vie. Eduquer un garçon c'est lui donner une chance dans la vie, éduquer une fille c'est aider dix familles à sortir de la pauvreté.

(Photos Felicia Webb)